Une visite tronquée, sans rencontre avec les dirigeants arabes. Des gestes empathiques pour les victimes israéliennes de l’attaque commise par le Hamas, mais un contexte régional explosif. Le passage à haut risque de Joe Biden à Tel-Aviv, mercredi 18 octobre, le premier d’un président américain en Israël en temps de guerre ouverte, ne se mesure pas en gains, même si le démocrate a obtenu un feu vert de l’Egypte pour l’entrée – symbolique – de vingt camions d’aide humanitaire par le sud de la bande de Gaza.
Ce passage est surtout la mesure du retour contraint des Etats-Unis au Proche-Orient, dont ils croyaient, à tort, pouvoir se détourner, au nom d’autres priorités. Il est la marque d’une fidélité, personnelle et étatique, à la sécurité d’un allié. Mais cela au prix d’un isolement diplomatique américain, alors que des manifestants dénonçaient mercredi, à Beyrouth comme à Amman et à Istanbul, l’explosion meurtrière qui avait eu lieu la veille à l’hôpital Al-Ahli de Gaza.
Dès son arrivée, M. Biden a repris à son compte l’explication israélienne, qui nie avoir frappé l’hôpital et incrimine un tir de roquette défectueux du Jihad islamique. Conscient que les dénégations systématiques de l’armée israélienne dans ce genre de situation, parfois contredites par des enquêtes menées ultérieurement, ont entamé la crédibilité de l’Etat hébreu, le locataire de la Maison Blanche a précisé, plus tard, tirer ces informations du département de la défense américain.
Il vous reste 81.42% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.